Les abeilles

Elimination et déplacement des essaims

Je ne pratique pas la destruction systématique des essaims. Lorsque cela peut être évité et qu’ils ne mettent personne en danger jepeux conseiller de conserver un essaim ou tenter de le déplacer. Les insectes et d’autant plus les abeilles sont les acteurs indispensables au bon fonctionnement des écosystèmes. Chacun doit y trouver sa place et lorsque la cohabitation est possible il n’est pas toujours nécessaire de détruireles essaims.

Les interventions pour la destruction sur tous types d’abeilles sont vraiment  à éviter. Lorsque l’on m’appelle pour la destruction d’un essaim, que ce soit l’abeille à miel (apis mellifera), les bourdons, les xylocopes ou les abeilles de terriers, je prendrais  toujours le temps de vous rassurer et d’essayer avec vous de trouver une solution pour éviter de les détruire.

L’abeille domestique : apis mellifera

L’abeille domestique (apis mellifera)+

L’abeille domestique a souvent tendance à s’installer dans les structures des habitations. Elles affectionnent les conduits de cheminées, les dessous de toitures et les murs creux.

Elles peuvent aussi élire domicile dans des compteurs d’eaux ou électriques, a l’intérieur de statues ou objets de décoration comme les moulins à vent miniatures de jardins, des poubelles vide ou des tonneaux par exemple. Pas de panique, si vous les laissez tranquilles, il n’y a pas de danger.

Quelques souches d’abeilles sont malheureusement assez agressives et il faut garder ses distances. Dans tous les cas, j’essayerais de savoir si l’essaim d’abeilles est récupérable et s’il peut être mis en ruche. Je travaille en collaboration avec le groupement des Apiculteurs Réunis de la Vienne (www.lesapiculteursreunis.fr) et divers apiculteurs privés.

Lorsqu’un essaim d’abeilles pose problème et qu’il est mal placé, ou gênant, l’enlèvement est la meilleur manière de les préserver. Malheureusement, il n’est pas toujours possible de sauver l’essaim. Situés dans un conduit de cheminée, un trou dans un mur ou sous une toiture sont très difficilement récupérables.

Mais il est parfois  possible de faire en sorte que vous cohabitiez en bonne intelligence afin de les préserver car les essaims sont  souvent situés dans des endroits peu gênants et inaccessibles et donc ne genent pas les activités humaines.

Malgré tout, certaines personnes peuvent être allergiques aux piqures d’abeilles… Il faut alors malheureusement, envisager une destruction. Les cas de ce type d’intervention sont à prévoir lorsque par exemple, il y a des travaux à effectuer.

Maçons, couvreurs, charpentiers et artisans ne peuvent intervenir sereinement sans risques aux côtés d’un essaim. Ils refusent d’intervenir avant que celui-ci ne soit neutralisé. Il peut parfois aussi y avoir un écoulement de miel ou des entrées intempestives, plus ou moins massives, dans les logements.

Toutes les interventions sont à étudier au cas par cas. Des solutions alternatives peuvent parfois être trouvées pour éviter une destruction. D’ailleurs, il faut aussi prendre en compte le fait que les essaims d’abeilles sont construits avec de la cire. La cire d’abeille étant imputrescible et quasi inaltérable, elle attirera toujours, même s’il en reste que quelques grammes, par son odeur, les abeilles.

Un nid détruit ou déserté se verra toujours, tôt ou tard recolonisé. Des solutions définitives peuvent être envisagées pour les conduits de cheminées avec un enduit extérieur en bon état,  ou, les essaims situés dans les murs : après traitement, un bouchage peut être effectué pour éviter qu’un nouvel essaim ne se réinstalle à l’avenir.

Cette solution n’est praticable que lorsque les abeilles ne peuvent contourner le bouchage à cause d’un enduit en mauvais état qu’elles pourraient enlever pour se frayer de nouveau un chemin vers l’ancien nid.

Finalement, si on ne peut conserver un essaim d’abeilles, il faut avoir une vision à long terme, dans l’optique de savoir qu’elles reviendront toujours à l’endroit où elles ont élu domicile une fois ! Certaines structures, notamment celles qui accueillent du public, ne peuvent prendre le risque de conserver une colonie d’abeilles proche des lieux de passages.

Si on conserve un essaim et que l’on cohabite en bonne intelligence avec celui-ci, il y a une période un peu difficile à gérer : celle de l’essaimage.

L’essaimage se produit normalement au mois de mai. Parfois celui-ci peu débuter, cas exceptionnelsdès la fin mars, pour les cas les plus précoces et se finir mi-juillet. Mais le mois de l’essaimage c’est le mois de mai. On pourra constater une forte effervescence au niveau de l’entrée de la ruche.

Au printemps, à un moment qui correspond avec la floraison des cerisiers, la reine des abeilles se met à pondre énormément. Le nombre d’ouvrières qui va naitre va être multiplié en vue d’une future division de l’essaim : au milieu de toutes ces ouvrières en surnombre va être produit une ou plusieurs jeunes reines, si l’essaim est vigoureux et que les conditions climatiques le permettent.

Lorsqu’une jeune reine est produite, elle sort de la ruche et elle s’accouple en vol avec des mâles ou faux bourdons, qui l’attendent en nombre !

Lorsque cette dernière rentre dans la ruche et qu’elle a été fécondée se pose alors un problème. Il ne peut rester qu’une seule reine dans l’essaim. Une bataille se livre alors dans la ruche entre les deux reines et la perdante, en l’occurrence, souvent la plus ancienne, se fait expulser.

C’est à ce moment-là que se produit l’essaimage. Une grosse agitation à l’entrée de la ruche accompagne la sortie de la reine perdante et une partie des effectifs des ouvrières quitte la ruche avec la reine déchue en son sein.

Un gros nuage d’abeilles se forme et la division de l’essaim primaire ainsi formé prend son envol, pour se poser parfois qu’à une dizaine de mètres de l’entrée de la ruche, dans le jardin, par exemple, si la reine vaincue est blessée, trop vieille ou tout simplement plus trop apte au vol !

Sinon, c’est un gros nuage d’abeilles qui s’envole au loin et qui va parfois se poser sur une branche d’arbre ou un buisson. Cette opération très impressionnante ne prend pas plus d’un quart d’heure en général.

C’est ce que l’on appelle un essaimage, le mode de reproduction des abeilles. C’est, contrairement aux guêpes ou frelons, un pack complet, comprenant une reine et des milliers d’ouvrières qui partent à l’aventure pour coloniser, ou recoloniser un site propice.

Lorsque vous constatez ce type d’activité, il n’y a pas de danger. Hormis le bruit impressionnant et les milliers d’abeilles qui tourbillonnent, elles se sont chargées de miel en provisions car souvent, elles ne savent pas encore ou s’établir.

Si elles font une pause chez vous, pas de panique. Par mesure de sécurité, rentrez les enfants et animaux domestiques. En une dizaine de minutes, le nuage d’abeilles va former une grappe noire sur une branche ou quelconque support.

Ce peut être sur un mur, au sol, sur une bicyclette, une voiture… Cette pause est parfois très brève. Une heure après l’essaim est déjà reparti. Parfois il peut rester plusieurs heures, voire plusieurs jours, notamment si le temps se couvre ou qu’il se met à pleuvoir. Parfois, plus rarement, il décide de s’installer, mais ces essaims ne se pas viables car l’hiver venu, celui-ci meurt de froid, étant resté à l’extérieur.

Quelques très rares cas d’accidents se produisent, lorsque la reine se pose sur une personne : l’essaim en entier se pose alors sur celle-ci et dans la panique occasionnée, la personne voulant se débarrasser des abeilles se fait alors piquer massivement. Ceci reste de l’ordre du fait divers très rare !

Lorsque vous constatez un essaim en formation ou déjà formé et en extérieur, il est alors récupérable. Urgence Insectes pratique des enlèvements ou vous donne les coordonnées d’un expert habilité sur votre secteur et possédant une assurance professionnelle spécifique, pour pratiquer l’enlèvement et le transport des abeilles en toute sécurité. J’insiste sur ce point car l’intervenant doit absolument posséder ce type d’assurance pour opérer, car elle couvre tous les risques liés à ce type d’intervention !

Les personnes qu’Urgence Insectes vous indiquera possèdent cette assurance spécifique. Elle vous sera remise sous forme d’attestation lors de leur venue.  Cette opération n’est pas facturée, considérant qu’il s’agit d’un service pour sauvegarder les abeilles. Ne vous sera demandé, selon votre générosité, qu’une participation aux frais de déplacements.

Si vous m’appelez pour un essaim qui vient de rentrer dans une cheminée, un trou de mur ou une toiture, si cela est possible, je vous demanderais d’attendre un ou deux jours, car souvent, l’endroit ne leur plait pas et elles peuvent repartir comme elles sont arrivées !

Encore une fois, si cela est possible, ne pas intervenir dans la précipitation, pour donner une chance aux abeilles d’élire domicile à un autre endroit qui sera moins gênant et peut être pas chez vous !

Si au troisième jour elles sont toujours là, et si vous avez eu la patience d’attendre jusque-là, ce sera à vous de décider si vous souhaitez cohabiter en bonne intelligence avec les abeilles, mais qui seront là ad vitam aeternam ou si vous souhaitez qu’Urgence Insectes intervienne avant qu’elles n’élisent domicile à jamais.

Les xylocopes (xylocope violacé) ou abeille charpentière : xylocopaviolacea

 xylocopaviolacea

Le xylocope violacé est la plus grande abeille d’Europe. Elle n’est absolument pas agressive. Elle est très commune et butine sur les fleurs ou on peut l’observer régulièrement durant l’été. Souvent confondue avec les frelons à cause de sa taille, elle ne forme pas d’essaims contrairement à ces derniers.

Le seul petit problème est qu’elle creuse des galeries dans le bois mort, notamment dans les vielles poutres ou toutes structures de bois des habitations qui ne sont pas traitées. Il en résulte des détériorations  des pièces de bois. De gros trous d’une trentaine de centimètres de long divisés en une quinzaine de chambres.

Le xylocope violacé est un bon pollinisateur. Il récolte du pollen sur les fleurs, qu’il stock  dans les chambres qu’il a creusé dans le bois au fond de sa galerie pour nourrir ses larves. Ainsi, une galerie creusée dans une poutre, peut voir éclore une quinzaine de xylocope au printemps suivant.

Les abeilles de terrier ou andrènes : andrenavaga

andrenavaga

Les andrènes regroupent environ cent vingt-cinq espèces en Europe. Elles vivent en colonies mais chaque petite abeille creuse un terrier d’une trentaine à une cinquantaine de centimètres de profondeur. Ses colonies peuvent être assez importante et couvrir plusieurs dizaines de mètres carrés au sol.

Elles affectionnent les terrains assez meubles et poreux comme les remblais, talus ou tas de sables, mais peuvent aussi élire domicile dans le jardin ou les pelouses. La femelle dépose du pollen au fond de la galerie pour nourrir ses larves qui écloront l’année suivante.

Absolument pas agressives non plus, on peut se déplacer au milieu des colonies pourtant très actives, sans qu’aucune ne vienne vous attaquer ! Lesinfestations, bien que massives, sont de très courte durée et ne persistent qu’environ une quinzaine de jours.

Certaines ont une activité au printemps et d’autres sont visibles à la fin de l’été courant septembre. Des interventions sont toutefois nécessaires, dans certains cas, dans des lieux fréquentés par des enfants par exemple.